Sama3 Soutek 2011
SAMA3 SOUTEK 2011
En 2011 en vue des premières élections démocratiques du pays, Aswat Nissa a lancé une campagne de sensibilisation intitulée « Sama3 Soutek » ( fait entendre ta voix) visant à sensibiliser les femmes à l’importance de leur participation citoyenne, en tant qu’électrice.
Nous avons donc sillonné le pays, visiter des hammams, des usines de fabrications et des foyers afin de mobiliser le plus grand nombre de femmes.






Ennos Bennos – النص بالنص
ENNOS BENNOS – ENNOS BENNOS

Ennos bennos est une campagne de plaidoyer, dans le cadre du programme régional Women on the Frontline pour une mise en œuvre égalitaire de la parité sur les listes électorales des partis politiques relative aux élections municipales.
A l’origine de cette campagne, un collectif d’associations dont le but premier est l’instauration des principes d’égalité et de parité sur les listes électorale municipales prévues en 2017.
Le collectif a rédigé une charte qui devra être ratifiée par tous les partis de la scène politiques tunisienne afin d’assurer, d’une part l’accès des femmes aux postes de prise de décision au sein de leurs partis respectifs, et d’élaborer des listes électorales en toutes transparence.
Un policy brief a été élaboré pour mener notre campagne de plaidoyer auprès des partis politiques et l’opinion publique.
Rédaction de la charte:
Réunion de la commission de rédaction de la charte « Pour une mise en oeuvre égalitaire de la parité dans les listes électorales lors des élections municipales ».
Réunions avec les partis politiques
L‘un des points les plus importants de la campagne de plaidoyer a reposé sur la collaboration entre les partis politiques et le collectif. Durant les 3 mois, nous avons donc rencontré plusieurs acteurs de la scène politique tunisienne qui se sont, pour la plus part, montrés favorables aux objectifs de la charte. Des réunions se sont tenues avec le leader du parti Afek, le porte-parole Al Joumhouri, la coordinatrice d la commissions femmes du parti Al Machrou3, des membres du secrétariat général du parti Al Masar, la coordinatrice de l’organisation Mousawat au sein du parti des travailleurs, la présidente du département de la femme au sein du parti Ennahdha et le responsable de la direction centrale des structures et de la mobilisation au sien du parti Nidaa Tounes.
La conférence de presse:
Le 23 décembre 2016, une conférence de presse a été organisée afin que les acteurs de la scène politique tunisienne signent la charte de la campagne devant une audience composée principalement de médias, de membres de la société civile et des partis politiques.
Le 23 décembre demeurera une journée historique pour la cause de la femme tunisienne et ce grâce aux contributions des 8 partis signataires de la charte:
- M.Junaidi Abdeljawed et son parti Al Masar
- Mme Amina Rekik et son parti Al Machrou3
- Mme Tej El Molk Aouicha et son parti Al Joumhouri
- Mme Ons Hattab et son parti Nidaa Tounes
- Mme Wassila Zoghlami et son parti Ennahdha
- M.Mouhamed Dheif et son parti Afek Tounes
- Mme Thouraya Krichene et son parti Al Watad
- Mme Radhia Amdouni et son parti Parti des Travailleurs
Académie politique des femmes 2019
Académie politique des femmes 2019
- Leadership et confiance en soi
- Communication politique
- Genre et intégration de l’approche genre dans les politiques publiques
- Analyse genre des lois et plaidoyer politique
- Budget sensible au genre
- Campagne électorale
Leadership et confiance en soi
Cette formation sur le leadership et la confiance en soi, qui a eu lieu du 30 au 31 mars 2019, a été assurée par une psychologue. Cette première activité de l’Académie Politique des Femmes 2019 visait à encourager les participantes à développer un esprit d’équipe et une vision commune de la Tunisie (malgré leurs idéologies et affiliations politiques différentes). Cette activité visait aussi à favoriser la confiance en soi et l’esprit de leadership des participantes, notamment en les aidant à identifier des stéréotypes qui peuvent nuire à l’implication des femmes en politique. L’activité visait finalement à ce que les participantes établissent des objectifs politiques réalistes, puis des plans d’action qui leur permettront d’atteindre ces objectifs.
Communication politique
Les 13 et 14 avril 2019, une formation sur le thème de la communication politique a été organisée. Les candidates ont pu renforcer leurs connaissances du pouvoir législatif et des responsabilités des membres du Parlement. Elles ont aussi développé leurs habilités de communication dans un contexte politique notamment grâce à une meilleure connaissance des différents acteurs médiatiques et des spécificités de chacun. Les participantes ont finalement appris l’importance de développer un programme électoral ciblé à l’électorat visé, et ensuite, de bien le communiquer à travers le média approprié.
Genre et intégration de l’approche genre dans les politiques publiques
Les 23 et 24 juin 2019, les candidates ont participé à une formation sur le concept de genre et l’intégration de l’approche genre dans les politiques publiques. Les défis qui s’opposent à la promotion d’une culture d’égalité dans le contexte politique actuel ainsi que la violence et la discrimination commises à l’encontre des femmes ont été abordés. La Loi 58 contre la violence faite aux femmes et les problématiques y étant associées ont ensuite été présentés. Après avoir identifié les besoins spécifiques des femmes tunisiennes, la formatrice a finalement encouragé les femmes à développer des stratégies pour intégrer le genre dans leur projet politique, notamment par une budgétisation sensible au genre et par des projets visant l’égalité homme-femme.
Analyse genre des lois et plaidoyer politique
Campagne électorale
Académie politique des femmes 2018
Académie politique des femmes 2018

- Leadership et prise de décision
- Gouvernance locale et décentralisation
- Communication politique avec simulation d’un débat télévisé
- Genre et égalité de genre
- Analyse genrée des lois
- Intégration de l’approche genre dans les politiques publiques
- Le budget sensible au genre
- Le rôle des femmes contre la corruption
- Plaidoyer pour l’intégration du genre dans les politiques publiques
Le Leadership et la prise de décision
Affirmer et stimuler l’esprit de leadership des candidates est l’un des piliers sur lesquels repose l’Académie Politique des femmes. L’objectif de cette première session de formation est d’approfondir l’esprit de leadership des académiciennes en les aidant à identifier les difficultés qui peuvent entraver leurs confiances en elles ainsi que leur permettre de développer une véritable vision de leurs carrières. La session été assurée par la psychologue et coach Lilia Baccouche et s’est déroulée le 10 et 11 mars.
Gouvernance locale et décentralisation
La formation sur la gouvernance locale, la décentralisation assurée par le chercheur en gouvernance locale, Zied Boussen, s’est étalée sur 3 jours et a permis aux participantes de comprendre les mécanismes des élections locales et l’importance et les défis que constitue un conseil municipal. Elle a pour objectif de préparer les candidates à exercer un mandat d’élue à l’échelle locale et de les préparer participantes aux attentes de la part du corps électoral.
La communication politique
Genre et égalité de genre
Analyse genre des lois
Petit-déjeuner avec les jeunes élues municipales
Intégration de l’approche genre dans les politiques publiques
Le budget sensible au genre
Transparence et le rôle des femmes dans la lutte contre la corruption
Plaidoyer pour l’intégration du genre dans les politiques publiques contre la corruption
Cérémonie de clôture de l’Académie politique des femmes
Les bonnes pratiques en matière de l'intégration du genre dans les partis politiques
Académie politique des femmes 2017
ACADÉMIE POLITIQUE DES FEMMES 2017

Capitalisant sur une expérience acquise pendant cinq ans de travail et de collaboration avec les partis politiques tunisiens, toutes formations confondues, Aswat Nissa, en partenariat avec Kvinna till Kvinna et Heinrich Böll Stiftung, a lancé son programme de l’Académie Politique des Femmes candidates en janvier 2017.
Ce programme a pour ambition d’appuyer et d’accompagner des femmes politiques, âgées entre 18 et 35 ans, occupant des postes de responsabilité au sein de leurs partis politiques et qui se présenteront aux prochaines élections municipales, en vue de renforcer leur leadership et leur savoir-faire. Cela leur permettra d’assumer des mandats d’élues afin qu’elles deviennent de véritables actrices du changement et des militantes pour l’égalité entre les genres au sein de leurs municipalités et partis politiques.
L’académie politique de 2017 repose sur 7 volets qui visent à faire des candidates des militantes des droits des femmes au sein de leurs municipalités et partis politiques, à savoir:
- Le leadership et la prise de décisions
- La campagne électorale
- La communication et la prise de parole en public
- L’égalité des genres
- La gouvernance locale et la décentralisation
- L’approche genre dans les politiques publiques
- Le statut des femmes tunisiennes
Le Leadership et la prise de décision
Affirmer et stimuler l’esprit de leadership dans candidates est l’un des piliers sur lesquels repose l’Académie Politique des femmes. L’objectif de cette première session de formation est d’approfondir l’esprit de leadership des académiciennes en les aidant à identifier les difficultés qui peuvent entraver leur confiance en elles ainsi que leur permettre de développer une véritable vision de leurs carrières.
La communication politique et la prise de parole en publique
Après avoir consolidé leurs esprits de leadership lors du premier training de l’Académie politique, les candidates ont travaillé sur les discours politiques avec une formation spécialisée en communication politique et prise de parole en publique.
Durant trois jours de cours intensifs, elles ont su analyser les différents types de discours politique (communication verbale, non verbale) afin d’en tirer les bonnes leçons qu’elles pourraient utiliser lors des élections municipales.
Campagne électorale
Durant cette sessions de formation, les candidates ont pu découvrir les éléments composant la campagne électorale comme le ciblage des votants, la collecte des fonds ou encore la gestion des bénévoles et ce en respectant les principes établis dans la loi électorale.
Avec ces nouvelles connaissances, les participantes auront les capacités de gérer au mieux leur campagne électorale et de cibler leur électorat.
Gouvernance locale et décentralisation
La formation sur la gouvernance locale, la décentralisation permet aux participantes de comprendre les mécanismes des élections locales ainsi que l’importance et les défis que constitue un conseil municipal. Elle a pour objectif de préparer les candidates à exercer un mandat d’élue à l’échelle locale et de les préparer participantes aux attentes de la part du corps électoral.
Egalité des genre
Avec cette session de formation, les participantes ont approfondi leurs connaissances et ont été sensibilisées au concept même de genre et de son articulation entre l’individu et la société. Elles sont désormais capables de faire la différence entre le genre et le sexe, elles ont pris conscience des stéréotypes féminins/masculins et savent analyser comment la politique, l’éducation et l’économie peuvent contribuer à pérenniser les stéréotypes et la discrimination basés sur le genre.
Intégration de l’approche genre dans les politiques publiques
Après l’initiation au concept genre, les candidates ont découvert comment introduire l’approche genre dans les politiques publiques. A l’issue de cette session, elles ont compris la nécessité d’intégrer des indicateurs sexo-spécifiques dans leurs projets et initiatives politiques. Elles sont ainsi capables de faire le lien entre les enjeux relatifs à l’intégration de la dimension genre entre, d’une part, les travaux de leurs partis politiques et leurs programmes politiques et, d’autre part, la promotion de l’égalité hommes-femmes en Tunisie
Statut de la femme tunisienne
A l’issue de cette formation de deux jours, les participantes ont pu renforcer leurs connaissances théoriques et pratiques sur le statut de la femme tunisienne dans le droit international et la Constitution tunisienne. Elles ont pris connaissance des conventions internationales signées et ratifiées par la Tunisie en matière de droits des femmes, ont été introduites à la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et ont compris la nécessité d’œuvrer pour l’application de projets et programmes favorisant le respect des droits économiques et sociaux des femmes.
Totale démocratie
Campagne de plaidoyer sur la parité horizontale dans le code électoral des élections municipales intitulée la totale Démocratie

Suite une initiative de plaidoyer à la parité horizontale dans le code électoral des élections municipales avec des propositions en faveur des femmes, des jeunes et de personnes handicapées l’association droits à la différence. Aswat Nissa a rejoint une quarantaine d’associations nationales, régionales et internationales autour de cette initiative. Parmi les composantes du collectif, les partenaires de Women on the Frontline . En effet le travail de mobilisation a commencé depuis le mois de Mars, des Policy Biefs ont été élaborés par des experts juristes et militants.
Une grande conférence de presse a été organisée le 10 mai pour le lancement officiel de la campagne.
Aswat Nissa a bénéficié de l’appui de leurs contacts des partis politiques pour faciliter les rencontres avec les partis politiques , les députées et les commissions parlementaires et du bien fondé de la parité et sa contribution à une meilleure représentativité des femmes dans les postes de prise de décisions.
Tous ces efforts ont contribué à la réussite de la campagne et de convaincre les décideurs du bien fondé de la parité et sa contribution à une meilleure représentativité des femmes dans les postes de prise de décisions.
Cette campagne a contribué significativement à l’adoption de l’article relatif à la parité horizontale, voté le 15 juin 2016, à l’Assemblée des Représentants du Peuple avec 127 voix pour (soit 95%).
Les femmes tunisiennes en première ligne dans le combat contre la corruption !
Les femmes tunisiennes en première ligne dans le combat contre la corruption !

En mai dernier, soit plus de six ans après la révolution et suite au classement de la Tunisie à la 75ème place dans l’étude sur la perception de la corruption publiée par Transparency International, le chef du gouvernement de la seconde république, Youssef Chahed, a déclaré la guerre contre la corruption. Une nouvelle attendue par toute la Tunisie et surtout plusieurs membres de société civile qui jouent le rôle de « chiens de garde » de la révolution.
Dans cette bataille contre la corruption instiguée par la société civile et certaines figures de la classe politique tunisienne, nous retrouvons des femmes dynamiques et motivées qui se sont positionnées en première ligne pour amorcer le changement en Tunisie.
Henda Fellah d’I Watch : « Je n’ai jamais été victime de corruption, donc ce que je fais ce n’est pas pour servir mon intérêt, mais pour l’intérêt du pays »
L’un des visages les plus connus d’I watch est sûrement celui de Henda Fellah. En effet, à 29 ans la jeune femme occupe le poste de coordinatrice du projet « Advocacy Legal Advise Center » en Tunisie, un centre implanté dans plus de 60 pays à travers le monde qui s’occupe de fournir des conseils juridiques gratuits et confidentiels aux témoins et aux victimes de corruption. Dans cette structure, elle est son équipe de juristes traitent des dossiers de tout type de corruption.
Depuis son plus jeune âge, la jeune femme a toujours été passionnée par la politique mais refusant de choisir une idéologie précise à suivre, elle s’orienta plutôt vers la société civile afin d’apporter sa contribution au pays. Elle entama son expérience avec « I watch » en tant que membre dans le volet « élection et corruption ». « Je voulais être entourée de jeunes, des gens de mon âge qui progressent ensemble ».
Bien qu’elle n’en a jamais été victime, Henda se sentait investie d’une mission, celle d’endiguer la corruption en Tunisie. « Je n’ai jamais été victime de corruption, donc ce que je fais ce n’est pas pour servir mon intérêt, mais pour l’intérêt du pays ».
Son militantisme au sein de cette organisation n’a évidemment pas été bien perçu par certains de ses proches et surtout sa mère qui s’inquiéta pour elle. En effet, sa mère était contre son engagement anti-corruption. La crainte de sa mère est encore remontée à la surface après l’affaire de Nabil Karoui qui, d’après un enregistrement vocal, planifiait de lancer une campagne de diffamation contre I watch et ses membres. « Ma mère me disait ce sont des garçons et toi tu es une fille, ne reste pas tard la nuit, ils vont te suivre ». Mais les paroles bienveillantes de sa mère n’arrivaient pas à mettre en péril le courage et la ténacité de la militante. D’après elle, elle doit son courage à son entourage, ses coéquipier-e-s à I Watch.
Lors des dernières manifestations contre la corruption, les femmes ont investi la rue en grand nombre. Pour Henda, cela apporte un degré de sérieux, de crédibilité et de sécurité aux manifestations .Plusieurs femmes et hommes politiques se sont joints à ce combat contre la corruption, à l’instar de Samia Abbou.
Samia Abbou : « je veux que les citoyens fassent partie de cette lutte contre la corruption je veux qu’ils soient impliqués avec nous »
L’une des personnalités politiques les plus impliquées dans la lutte contre la corruption est Samia Abbou. En effet, pour la députée du « Courant Démocrate », connue pour ses interventions vives dans les médias et au parlement, il est plus que temps d’endiguer ce fléau qui met en péril le futur de la nation.
« Si nous voulons sauver ce pays, nous devons commencer par lutter contre la corruption parce qu’elle est dans nos administrations, dans nos documents, dans l’électricité, dans nos écoles, dans tous les domaines ». explique-t-elle.
Samia Abbou, n’hésite donc pas à pointer du doigt le gouvernement, certain(e)s député(e)s, hommes et femmes d’affaires qu’elle accuse de tromper dans des affaires douteuses. Pour elle, il faut que le peuple tunisien prenne conscience de ce qui se qui se passe dans le pays. « Si le peuple se rendait compte de ce qu’ils font, si on avait des médias honnêtes qui l’informe des problèmes de corruption il se révolterait contre eux ».
La députée est déterminée à faire entendre sa voix et son message peu importe le prix. « Je ne veux pas que mes enfants ni les enfants des autres vivent ce qu’on a vécu » déclare-telle.
Certain(e)s citoyen(e)s s’identifient en Samia Abbou, elle leur insuffle du courage et brise les stéréotypes de la femme politique dont le champ de travail se retrouve limité. « Je veux que les citoyens fassent partie de cette lutte, je veux qu’ils soient impliqués avec nous ». explique-t-elle.
Depuis l’annonce de la proposition de loi sur la réconciliation économique, l’engagement et l’implication des Tunisiens dans la lutte contre la corruption a pris une nouvelle envergure surtout avec la campagne « Manich Msamah ». Pour la députée, ce mouvement redonne de « l’espoir au pays » et cette génération a « compris que ce pays est basé sur un système corrompu».
Imen Ben Ghozzi de la campagne Manich Msamah : « Dès que j’ai ouvert mes yeux dans ce pays, mon problème c’était la corruption »
Parmi le collectif derrière la campagne « Manich Msamah », l’on retrouve Imen Ben Ghozzi pour qui le combat contre l’impunité et la corruption a débuté bien avant de rejoindre ce mouvement social.
En effet, au lendemain de la révolution de 2011, la jeune femme a investi la rue pour dénoncer l’injustice que les victimes des événements du 14 janvier ont subie. Son engagement pour cette cause qui lui tient tant à cœur l’a ensuite mené vers un groupe les mouvements sociaux avant de finalement participer au lancement de la campagne qui fait beaucoup parler d’elle depuis l’annonce de la réconciliation économique, Manich Msamah. « Dès que j’ai ouvert mes yeux dans ce pays, mon problème c’était la corruption » explique-t-elle.
A cause de son militantisme, Imen a dû faire plusieurs sacrifices. En effet, des tensions se sont créées au sein de son couple, son mari lui en voulait de consacrer autant de temps à sa cause. Mais la jeune militante n’arrivait pas à concevoir sa vie sans ce combat qu’elle mène avec tant de détermination.
« Je ne peux pas vivre autrement, si ma vie se limitait seulement à ma famille et à mon travail, je pense que je déprimerai. Parfois j’ai l’impression que c’est l’oxygène que je respire. Pour ne pas sombrer dans la dépression, il faut que je ressente que je suis entrain de faire quelque chose qui va changer la vie de mes enfants »déclare-t-elle.
Ses enfants et les futures générations sont donc la motivation de la jeune femme. « Mes parents n’ont pas assez milité. « Je sens que je suis vraiment capable de changer l’avenir de mes enfants,». Pour elle, c’est une obligation de lutter contre ce fléau, car « tant qu’il y’a de la corruption rien ne progressera dans ce pays ».
A travers son implication dans la campagne, Imen veut rallier à sa cause les Tunisien(ne)s « La Lutte contre la corruption ne se limite pas aux manifestations mais même au sein de la famille dans l’administration ou je travaille, avec mes voisins, avec l’épicier ». Elle veut leur faire prendre conscience de l’ampleur et du danger que représente la corruption pour le pays.
Brutalité policière lors de la manifestation contre la loi sur la réconciliation administrative
Brutalité policière lors de la manifestation contre la loi sur la réconciliation administrative

Plusieurs manifestants ont été
blessés par les agents de police lors de la manifestation organisée devant l’ARP le 13 septembre contre la loi sur la réconciliation administrative.
Saida âgée de 34 ans était l’une des victimes et témoin de la brutalité policière « j’ai vu un policier gifler et frapper au visage l’un des manifestants avec un appareil qu’il avait à la main. Un autre avait les vêtements en lambeaux, et pratiquement tous ceux qui étaient dans les premières lignes de la manifestation ont reçu des coups. Le policier qui avait agressé le manifestant au visage a été remplacé par un autre car tout le monde avait vu ce qu’il avait fait.
Quand la nuit est tombée, les lumières étaient éteintes devant l’ARP, les policiers ont commencé à nous pousser et à nous faire reculer avec les barrières. Ils ont barricadé toute la rue et ne nous ont laissé que le trottoir pour manifester et c’est la que les agressions se sont produites. J’étais dans la ligne de devant et les policiers nous disaient de reculer mais on leur disait qu’on pouvait plus le faire car il n’y avait plus de place et que si ils avaient reçu des instructions ils devraient plutôt nous demander de partir que de nous faire reculer. Les policiers ont commencé à nous insulter et à crier. J’ai reçu un coup de la part d’un des agents à la jambe et tout d’un coup j’ai senti que l’un d’eux me toucher les parties intimes. J’étais hors de moi et c’est la que j’ai reçu un coup de matraque dans la même zone. J’étais hystérique et mes amis m’ont tiré à l’arrière et m’ont donné de l’eau pour me calmer. A un moment il n’y a avait plus de filles dans les lignes de devant.«
Même son de cloche pour une autre manifestante prénommée, Boutheina, et âgée de 38 ans : « On tentait de repousser la barrière parce que les policiers avaient condamné tout la chaussée, j’ai vu une militante de Manich Msemah se faire tirer les cheveux par un des policiers. On avait l’impression de se faire étouffer, ils compressaient les barrières sur les manifestants et les frapper aux jambes. Deux manifestantes se sont d’ailleurs évanouies parce qu’elles n’arrivaient plus à respirer. Un des agents autre m’a tenu par le bras et m’a frappé avec la matraque sur l’épaule. Ils n’ont pas respecté les manifestants, j’ai commencé à discuter avec l’un des policiers je lui ai demandé pourquoi ils nous insultait, nous poussait, il a rétorqué qu’il était entrain de faire son travail. Beaucoup des victimes des agressions étaient les filles. «
Deux militantes d’Aswat Nissa, Sarrah Ben Said et Farah ben Mna, ont été agressées verbalement par les policiers présents lors de la manifestation. En effet, les insultes et les provocations se sont multipliées.
Les agents de police sont censés garantir la protection des citoyennes et citoyens et faire en sorte que la loi soit respectée. Ces abus et ce comportement rappelle, malheureusement, les techniques et ruses de l’ancien régime, dont nous pensions nous être débarrassé avec la révolution.
Nous condamnons toute brutalité physique ou verbale contre les citoyennes et citoyens et appelant la police à faire preuve de respect envers les manifestantes et manifestants lors des prochaines manifestations.
La Tunisie 17 ans aprés de l’adoption de la Résolution 1325 sur les Femmes , la Paix et la Sécurité
La Tunisie 17 ans aprés de l’adoption de la Résolution 1325 sur les Femmes , la Paix et la Sécurité























