Brutalité policière lors de la manifestation contre la loi sur la réconciliation administrative




Plusieurs manifestants ont été blessés  par les agents de police  lors de la manifestation organisée  devant l'ARP le 13 septembre contre la loi sur la réconciliation administrative.

Saida âgée de 34 ans était l'une des  victimes  et témoin de la brutalité policière  "j'ai vu un policier gifler  et frapper  au visage l'un des manifestants avec un appareil qu'il avait à  la main.  Un autre avait les vêtements en lambeaux, et pratiquement tous ceux qui étaient dans les premières lignes de la manifestation ont reçu des coups. Le policier qui avait agressé le manifestant au visage a été remplacé par un autre  car tout le monde avait vu ce qu'il avait fait.

Quand la nuit est tombée, les lumières étaient éteintes devant l'ARP,  les policiers ont commencé à  nous pousser et à  nous faire reculer avec les barrières. Ils ont barricadé toute la rue et ne nous ont laissé que le trottoir pour manifester  et c'est la que les agressions se sont produites.  J'étais dans la ligne de devant et les policiers nous  disaient de reculer mais on leur disait qu'on pouvait plus le faire car il n'y avait plus de place et que si ils avaient  reçu des instructions ils devraient plutôt nous demander  de partir que de nous faire reculer.  Les policiers ont commencé à  nous insulter et à  crier. J'ai reçu un coup de la part d'un des agents à  la jambe et tout d'un coup j'ai  senti que l'un d'eux me toucher les parties intimes. J'étais hors de moi et c'est la que j'ai reçu  un coup de matraque dans la même zone. J'étais hystérique et mes amis m'ont tiré à  l'arrière et m'ont donné de l'eau pour me calmer.  A un moment il n'y a avait plus de filles dans les lignes de devant."

Même son de cloche pour une autre manifestante prénommée, Boutheina, et âgée de  38 ans : "On tentait de repousser la barrière parce que les policiers avaient  condamné tout la chaussée, j'ai vu  une militante de Manich Msemah se faire tirer  les cheveux par un des policiers. On avait l'impression de se faire étouffer, ils compressaient les barrières sur les manifestants et les frapper aux jambes. Deux manifestantes se sont d'ailleurs évanouies parce qu'elles n'arrivaient plus à  respirer. Un  des agents autre m'a tenu par le bras et m'a frappé avec la matraque sur l'épaule. Ils n'ont pas respecté les manifestants, j'ai commencé à  discuter avec l'un des policiers je lui ai demandé pourquoi ils nous insultait,  nous poussait, il a rétorqué qu'il était entrain de faire son travail. Beaucoup des victimes des agressions étaient les filles. "

Deux militantes d'Aswat Nissa, Sarrah Ben Said et Farah ben Mna,  ont été agressées verbalement par les policiers présents lors de la manifestation. En effet, les insultes et les provocations se sont multipliées.

Les agents de police sont censés garantir la protection des citoyennes et citoyens et faire en sorte que la loi soit respectée. Ces abus et ce comportement rappelle, malheureusement, les techniques et ruses de l'ancien régime, dont nous pensions nous être débarrassé avec la révolution.

Nous condamnons toute brutalité physique ou verbale  contre les citoyennes  et citoyens et appelant la police à  faire preuve de respect  envers les manifestantes et manifestants lors des prochaines manifestations.